Résumé détaillé de Cannibale

Un livre pas comme les autres

Didier Daeninckx, en publiant « Cannibale », en 1998, a jeté un grand pavé dans la mare du colonialisme à la française dans les années 30. En choisissant comme toile de fond l’exposition coloniale de 1931 à Paris, l’auteur invite le grand public à une prise de conscience des erreurs du passé. Au travers de cet ouvrage, c’est toute une période politique de la France qui est remise en cause. Le but de ce récit corrosif est simplement de montrer au plus grand nombre que le comportement de l’Etat n’a pas toujours été aussi irréprochable que les politiques ont bien voulu le faire croire. Pire même, à l’occasion de cette fameuse exposition, le but clairement affiché était de présenter le Noir comme arriéré et cannibale à une population qui n’affichait que de l’indifférence. Le seul intérêt des gens de la rue résidait dans cette différence de couleur et de texture de peau qui les surprenait.

 

Une histoire si réelle

Le récit commence sur la route de Tendo, où Gocéné et Caroz sont arrêtés à un barrage dressé par les japonais. Gocéné décide de descendre de voiture, tandis que Caroz fait demi-tour pour s’enfuir. C’est alors qu’il va raconter aux deux japonais, Kali et Wathiok, ce qui lui est arrivé, avec son ami Caroz à Paris. Il va surtout leur décrire les circonstances de leur rencontre.

Le héros de l’histoire, Gocéné, un Kanak de Nouvelle-Calédonie, a été désigné, avec bon nombre d’autres, pour représenter les siens à l’exposition coloniale qui se déroulait en 1931 à Paris, au zoo de Vincennes. La manière dont les représentants de ces contrées lointaines étaient traités aurait dû éveiller les consciences de la bienséante société française. Déjà, le simple fait d’organiser une telle manifestation dans un parc animalier aurait pu alerter. Les organisateurs de l’évènement dressaient les Kanaks pour leur rendre leur supposé caractère originel, agressif et belliqueux. Lorsque les crocodiles sont tous morts, le directeur du lieu n’a pas hésité un instant avant de proposer d’échanger trente néo-calédoniens, avec un cirque en Allemagne, pour que le public puisse de nouveau voir ces bêtes féroces s’ébattre dans les bassins de Vincennes. Le seul problème vint de Gocéné. Celui-ci, à qui était promise Minoé, la fille du chef de Canala, ne pouvait accepter de voir partir sa belle sans rien faire, ni rien dire. Le jeune homme va tenter de s’interposer. Des gardiens vont l’en empêcher fermement. Avec le cousin de sa bienaimée, son meilleur ami Badimoin, Gocéné va tenter de retrouver la jeune fille. Pour cela, tous deux vont s’évader du zoo. La moindre sirène de police les fera alors sursauter, se cacher en toute hâte. Gocéné et Badimoin vont alors se réfugier dans un café, où ils vont se restaurer pour reprendre des forces. En ressortant, la forte pluie va les obliger à s’abriter dans les couloirs du métro. Mais Gocéné ne peut se résoudre à cette situation. Il veut absolument retrouver Minoé. Ils vont donc retourner au parc animalier, où, sous la contrainte, ils vont faire avouer à un gardien ce qu’il allait advenir de la jeune fille et de ses compagnons d’infortune. Le gardien a fini par leur révéler que la destination finale du voyage était un cirque en Allemagne, mais qu’auparavant le groupe allait séjourner dans un dortoir à Paris. Les deux jeunes garçons se sont précipités au dortoir, pour tenter d’intercepter le convoi avant le départ outre-Rhin. Des soldats sont venus, les obligeant une nouvelle fois à s’enfuir. Gocéné et Badimoin se sont donc rendus à la gare. Malheureusement, à leur arrivée, il est déjà trop tard. Ils ont juste eu le temps de voir le train s’éloigner devant leurs yeux. La police, qui était à leur recherche, a tenté de les attraper. Les deux jeunes garçons ont pu s’échapper grâce à la complicité d’un homme qui nettoyait les couloirs du métro. Fofana, puisque c’était son nom, les a cachés dans un local pour ne pas que les policiers mettent la main sur eux. Il leur a probablement sauvé la vie à ce moment-là. Il ne s’est pas contenté de les dissimuler à la vue des autorités, il leur a également donné à boire et à manger. Après un long moment, Gocéné et Badimoin ont pris la décision de retourner une nouvelle fois au zoo, pour interroger les responsables. A peine étaient-ils entrés dans le bureau du dénommé Grimaut et de son supérieur, que les forces de l’ordre les encerclaient. Les deux enfants n’avaient même pas eu le temps de demander quoi que ce soit. Ils n’avaient plus le choix. Il fallait qu’ils se sauvent. Badimoin n’a même pas eu le temps de prendre la fuite. Il s’est fait tirer dessus, malgré l’intervention de Caroz qui a tenté de l’aider. Le cousin de Minoé s’est écroulé, mort. Gocéné s’est fait prendre, la justice lui a infligé une peine de prison de quinze années, tandis que Caroz écopait d’une peine un peu moins sévère.

 

Des heures bien sombres

Ce récit, bref mais intense, de 100 pages, s’inspire de faits réels. L’histoire captivante de ces enfants venus du bout du monde pour servir de monnaie d’échange fait remonter des souvenirs d’un temps que bon nombre de français aimeraient voir enfouis à jamais. L’empire colonial n’a pas écrit les plus belles pages de l’histoire nationale. Sur fond de racisme, c’est une histoire terrible qui est racontée par Didier Daeninckx. L’exposition coloniale de 1931 à Paris était, ni plus ni moins, pour les politiciens de l’époque, une manière de montrer les Noirs comme de véritables monstres assoiffés de haine et de sang. La population, ignorante, ne demandait qu’à croire ce qu’on leur racontait. Les Droits de l’Homme et du Citoyen sont allègrement bafoués, en présentant des êtres humains comme des animaux. La dignité humaine est une notion dont les dirigeants de l’époque sont bien éloignés. La couleur de peau constitue une barrière infranchissable. Les autorités préfèrent considérer que ces peuples, dont elles ne connaissent pas grand chose, sont des sauvages, des barbares, des cannibales. Là où ces hommes et ces femmes d’horizons divers auraient pu apporter leur culture, des personnages influents ont préféré les enfermer dans des cages, pour en faire des bêtes curieuses. Cette exposition de 1931 reste une référence de ce qu’il ne faut plus jamais faire, plus jamais voir, nulle part dans le monde.

 

La lecture de cet ouvrage est captivante. Le nombre de pages conduit à le lire d’une traite, tant l’intérêt du lecteur se trouve titillé. Le colonialisme des années 30 y est dépeint comme un régime totalitaire. L’intolérance et le racisme sont monnaies courantes. C’est un texte à faire lire dans les écoles, pour que la France ne connaisse plus jamais ça.

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